Les 18 supporters sénégalais détenus au Maroc en grève de la faim
Le dénouement de la CAN 2025 continue de peser sur les relations entre le Sénégal et le Maroc. Ce vendredi 6 février 2026, les 18 supporters sénégalais incarcérés à Rabat depuis la finale du 18 janvier ont annoncé entamer une grève de la faim. Par la voix de leur avocat, Me Patrick Kabou, ils dénoncent une détention qu’ils jugent injuste et des conditions d’interrogatoire problématiques.
Une procédure judiciaire contestée par la défense
Les détenus affirment ne pas avoir reçu d’explications claires sur les charges retenues contre eux depuis leur arrestation. Ils pointent également du doigt des barrières linguistiques majeures : les interrogatoires de police auraient été menés exclusivement en français et en arabe, alors que ces supporters déclarent ne s’exprimer qu’en wolof. Dans un message transmis à la presse, ils disent réclamer le droit fondamental de livrer leur version des faits devant un juge.
Accusations de hooliganisme et maintien en détention
La justice marocaine poursuit ces individus pour des actes de hooliganisme. Le dossier inclut des chefs d’accusation sérieux :
- Violences exercées contre les agents des forces de l’ordre.
- Dégradations d’équipements sportifs à l’intérieur du stade.
- Jets de projectiles sur l’aire de jeu lors des incidents de fin de match.
Lors de l’audience tenue ce jeudi, les demandes de mise en liberté provisoire formulées par la défense ont toutes été rejetées. L’un des prévenus, Bara Dia, a d’ailleurs été victime d’un malaise en plein tribunal, nécessitant une intervention médicale d’urgence avant que son état ne soit stabilisé.
Le procès paralysé par la grève des avocats
Initialement prévu pour avancer cette semaine, le jugement a subi un nouveau coup d’arrêt. En raison d’un mouvement de grève nationale des avocats au Maroc, l’audience a été renvoyée au 12 février 2026. Cette attente prolongée accentue la détresse des familles et des proches, alors que la diplomatie sénégalaise tente d’obtenir des garanties sur les conditions de détention, obtenant récemment l’attribution de chambres individuelles pour chaque prévenu.