Qui sera le nouveau sélectionneur à 5 mois du Mondial ?
Quelques jours après l’élimination cruelle en 8es de finale contre le Mali (1-1, 3-2 TAB), le football tunisien est en pleine tempête. La Fédération Tunisienne de Football (FTF) navigue à vue pour nommer le futur sélectionneur, à seulement cinq mois de la Coupe du Monde 2026. Entre rêves de grands noms, blocages politiques, contraintes financières et refus en cascade, le chaos règne.
Le constat sans filtre d’Hannibal Mejbri
À 22 ans, le milieu de Burnley a osé dire tout haut ce que beaucoup pensaient tout bas. Après la défaite face au Mali, où la Tunisie a mené jusqu’à la 90e+6 avant de craquer sur un penalty concédé bêtement, Mejbri a lâché un coup de gueule rare et courageux :
« Il faut vraiment qu’on travaille et qu’on reprenne tout à zéro. Tout. Parce qu’il y a énormément de talent en Tunisie, mais on est en retard. Quand on voit l’Algérie, le Maroc, tous les pays d’Afrique progresser sauf nous, sur tout, je n’ai même pas les mots. Par où il faut commencer ? Notre mentalité je pense. Désolé peut-être que ça va faire le tour de la Tunisie mais on rêve trop et on ne travaille pas assez peut-être. On ne se forme pas, alors que ce n’est pas la honte d’apprendre tous les jours. »
Ses mots, viraux sur les réseaux, ont touché une corde sensible : le fossé grandissant entre le potentiel brut tunisien et sa stagnation réelle. Mejbri s’est même inclus dans l’autocritique collective, appelant à une remise en question totale, formation, mentalité, travail quotidien.
Trabelsi remercié… et le vide s’installe
Dans la foulée, Sami Trabelsi a été limogé « à l’amiable » dès le lendemain. Son mandat, débuté en février, n’aura duré que quelques mois dans un climat de défiance permanente. Ingérences permanentes des dirigeants fédéraux dans les choix tactiques, la composition et même la désignation du capitaine : l’ancien joueur n’a jamais pu installer un vrai projet.
Les rêves de stars bloqués par la réalité
La FTF rêve grand : Thierry Henry, Patrick Vieira… Mais la réalité rattrape vite les ambitions. Les salaires demandés par ces profils internationaux sont hors de portée pour une fédération en difficulté financière. Pire : le ministère des Sports refuse catégoriquement de financer un entraîneur étranger, privilégiant un technicien local.
La piste Franck Haise, pourtant très chaude, s’est écroulée pour cette raison. Selon Tunisia TV et Afrik-foot, un accord de principe était bouclé autour du staff et du salaire, avant que le ministère ne mette son veto. Des noms locaux comme Mouin Chaâbani, Nabil Kouki ou Mehdi Nafti ont décliné ou posé des conditions incompatibles.
Un vide dangereux à 5 mois du Mondial
Le feuilleton continue. La Tunisie se retrouve engluée dans des luttes d’influence entre prestige, compétence, moyens réels et indépendance du futur sélectionneur. À l’approche de la Coupe du Monde 2026 (11 juin – 19 juillet), le vide à la tête de la sélection est abyssal.
Le cri d’Hannibal Mejbri résonne comme un appel au réveil. Mais entre blocages politiques et rêves démesurés, la FTF semble incapable de trancher. Le football tunisien mérite mieux. La question est : entendra-t-on enfin ce cri avant qu’il ne soit trop tard ?