Samuel Eto’o confirmé à la présidence de la FECAFOOT
Le football camerounais franchit une étape majeure avec la reconduction de Samuel Eto’o à la tête de la FECAFOOT. Porté par un palmarès riche, dont cinq titres continentaux (1984, 1988, 2000, 2002 et 2017), le Cameroun voit s’ouvrir un nouveau cycle d’ambitions sportives.
Une réélection nette mais loin d’être unanime
Samuel Eto’o a obtenu un nouveau mandat de quatre ans à la présidence de la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT), à l’issue de assemblée générale élective tenue ce samedi 29 novembre à Mbankomo . Sans véritable adversaire engagé dans la course, l’ancienne icône du football africain a remporté l’élection avec 85 voix sur 87, seuls deux bulletins ayant été déclarés nuls. Si ce résultat confirme son ancrage au sein d’une partie de l’appareil fédéral, il ne traduit pourtant pas un plébiscite total. Autour de l’événement, des voix se sont élevées pour contester la régularité du processus, dénonçant des statuts modifiés en 2024, des exclusions jugées arbitraires ou encore un manque de transparence dans l’organisation du scrutin selon les informations du média camerounais CFOOT. Plusieurs présidents de clubs, ex-joueurs et acteurs du football local se sont mobilisés à l’extérieur du lieu du vote pour exprimer leur opposition. Malgré la présence d’émissaires de la CAF et de la FIFA, venus garantir la conformité de la procédure, l’atmosphère a été marquée par des tensions nécessitant une intervention des forces de l’ordre. Cette situation illustre un climat politique et sportif fragile, où la victoire d’Eto’o ne dissipe pas les interrogations sur la gouvernance du football camerounais.
Un bras de fer institutionnel qui divise le football camerounais
La journée électorale n’a été que l’épicentre visible d’une confrontation plus profonde entre la FECAFOOT et le ministère camerounais des Sports. Depuis le 14 novembre, Narcisse Mouelle Kombi, ministre des Sports, avait officiellement demandé à Samuel Eto’o de suspendre l’élection, estimant que le cycle électoral avait été lancé en violation du cadre légal en vigueur. Le ministère reproche notamment le non-respect des textes de 2021, l’exclusion de plusieurs clubs et des suspensions qualifiées d’arbitraires. Selon les informations de RFI, une correspondance antérieure, envoyée en août, demandait au président de la fédération de se conformer à une série de recommandations restées, selon le ministère, sans suite. La tension est montée d’un cran lorsque Mouelle Kombi a saisi son collègue de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, l’invitant à interdire purement et simplement l’assemblée élective pour prévenir d’éventuels troubles à l’ordre public. Ce désaccord institutionnel ne constitue qu’un épisode supplémentaire d’une rivalité latente depuis des mois, exacerbée notamment par la nomination controversée du sélectionneur national, Marc Brys, désigné par le ministère en 2024 contre la volonté de la FECAFOOT. Dans cet affrontement politique inédit, l’élection maintenue malgré les objections gouvernementales apparaît comme un symbole de la détermination d’Eto’o à conserver le contrôle de la maison-mère du football camerounais. Toutefois, elle souligne aussi un profond malaise structurel et une crise de confiance durable entre les acteurs du sport.
Eto’o face aux défis d’un second mandat décisif
Réélu mais contesté, Samuel Eto’o entame ce nouveau mandat dans un contexte où les attentes sont immenses et les critiques persistantes. Arrivé en 2021 avec la promesse de redynamiser le football camerounais et de restaurer la grandeur des Lions Indomptables, il termine son premier cycle sans titre majeur et avec une absence douloureuse : l’équipe nationale ne participera pas au Mondial 2026. Pour un dirigeant auréolé de quatre Ballons d’or africains (2003, 2004, 2005, 2010) et idolatré sur le continent, ce bilan sportif reste mitigé et nourrit le scepticisme d’une partie des observateurs. Sur le plan institutionnel, il lui faudra désormais apaiser les tensions avec le ministère, restaurer la confiance entre les clubs, rétablir la stabilité autour des textes fédéraux et clarifier les mécanismes de gouvernance. Les manifestations survenues le jour du scrutin rappellent la profondeur du fossé qui s’est creusé entre la FECAFOOT et certains acteurs du milieu. Pourtant, la présence de la CAF et de la FIFA, venues superviser l’élection, témoigne également de la volonté d’accompagner un retour à la normalité. Le second mandat d’Eto’o s’ouvre donc sous le double impératif de consolider la légitimité de son pouvoir et d’offrir des résultats tangibles sur les terrains.