Comment le Maroc a renversé la tendance sur l’affluence dans les stades ?

Au début de la Coupe d’Afrique Nations Maroc 2025, les images de tribunes clairsemées ont fait jaser. Pourtant, le tournoi au Maroc a vite changé de visage : après les 8es de finale, plus de 956 788 spectateurs ont assisté aux matchs, contre 817 313 pour toute la CAN en Côte d’Ivoire. Un record qui place cette édition parmi les plus suivies de l’histoire. Comment le Maroc a-t-il réussi à transformer l’essai ?

Des chiffres records dès le départ

Avant même le coup d’envoi, le secrétaire général de la CAF, Véron Mosengo-Omba, annonçait plus d’un million de billets vendus en cinq jours, un total supérieur à toute la compétition ivoirienne. Records battus aussi pour les journalistes accrédités et les sponsors.

Malgré les stades parfois vides en début de tournoi (surtout pour les matchs sans le Maroc), la réalité chiffrée donne une tout autre image.

Une stratégie globale et adaptée

Le succès repose sur une mobilisation à tous les niveaux. Omar Khyari, conseiller du président de la FRMF Fouzi Lekjaa, l’explique clairement à Foot Mercato : « Conformément à la vision du Roi, qui est multidimensionnelle, la FRMF a fait son travail, mais pas que. Il y a aussi la RAM (Royal Air Maroc) qui a créé de nouvelles lignes et proposé des prix bas. L’ONMT (Office National Marocain du Tourisme) a fait un gros travail pour séduire les gens via des salons mondiaux. »

La communication a été massive : soft power, invitation d’influenceurs du monde entier, et un media tour en septembre avec plus de 250 journalistes et créateurs de contenu. Résultat : les réseaux sociaux ont amplifié l’engouement, et de nombreux supporters, notamment issus de la diaspora européenne, ont fait le déplacement sur un coup de tête.

Des ajustements sur le terrain

Les couacs initiaux ont été corrigés rapidement. Accès aux stades fluidifiés (barrages de sécurité raccourcis, passage de 45 à 20 minutes au stade Moulay Abdellah de Rabat), meilleure gestion des flux avant les grosses affiches. Les tarifs officiels accessibles (100, 200, 300 dirhams) ont aussi joué.

Pour lutter contre le marché noir, les autorités ont frappé fort : plus de 120 interpellations pour vente illégale, falsification de billets, escroquerie ou diffusion de fausses informations. Via l’application AFCON Ticket, plusieurs comptes de revendeurs ont été bannis, dissuadant les pratiques illégales.

Conséquence : après des premiers matchs décevants en affluence, la quasi-totalité des rencontres affiche désormais un taux proche des 90 %. La CAF se félicite en interne de cette réussite et espère que l’élan se prolongera pour les prochaines éditions, qui passeront à un rythme quadriennal dès 2028.

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