Emerse Faé, bâtisseur d’endurance et gardien d’exigence
À l’orée d’un huitième de finale brûlant face au Burkina Faso, Emerse Faé ne se laisse pas emporter par le tumulte. Loin de déclarations tonitruantes et de promesses faciles, le sélectionneur ivoirien avance avec une assurance discrète, forgée dans la rigueur et la continuité. À la CAN Maroc 2025, il trace une route où chaque pas compte, où chaque détail devient une pierre posée dans l’édifice d’une équipe qui veut durer.
La qualification, tremplin et non aboutissement
Pour Faé, la qualification n’est jamais une ligne d’arrivée. Elle n’est qu’un point de départ, une étape sur un chemin qui exige constance et vigilance. Chaque match est une nouvelle épreuve, chaque victoire une responsabilité accrue. Dans sa vision, il voit le confort comme l’ennemi, l’autosatisfaction comme un piège. La Côte d’Ivoire doit avancer sans relâche, consciente que la CAN est une compétition où l’histoire se réécrit à chaque tour.
Au-delà des résultats bruts, Faé place la dynamique collective au centre de son projet. Maintenir le rythme, préserver l’intensité et éviter les ruptures, voilà les fondations qu’il érige. Dans cette CAN, il ne s’agit pas de courir trop vite ni de ralentir trop tôt. La constance est donc la clé. Une équipe qui enchaîne sans se renier devient une armée prête à affronter les marges infimes où se jouent les destins.
Un groupe dense, une concurrence stimulante
La profondeur de l’effectif est une arme stratégique pour le sélectionneur des champions d’Afrique. Faé ajuste, responsabilise, implique pour que chaque joueur reste concerné, chaque rôle valorisé. Cette concurrence interne, loin de diviser, nourrit l’intensité et renforce la cohésion. Elle prépare l’équipe aux moments de bascule, quand un remplaçant peut devenir héros, quand une rotation peut sauver l’équilibre. Dans cette logique, l’avenir se joue autant dans la gestion des hommes que dans la tactique.
Être champion d’Afrique n’offre aucune immunité dans la compétition, selon le sélectionneur. C’est un héritage à porter, une exigence à défendre. Faé en a fait une ligne directrice puisque le statut n’est pas un refuge, mais une responsabilité quotidienne. Dans une nation où l’attente est permanente, la pression devient une tâche quotidienne. Elle rappelle l’histoire et la mission de rester une référence du football continental, de même que le poids du passé se transforme en énergie pour le présent.
Progresser sans bruit vers le sommet
La Côte d’Ivoire version Faé refuse les effets d’annonce. Elle avance avec méthode, conviction et sérénité. Le sélectionneur sait que le véritable tournoi commence quand l’erreur n’est plus permise, quand chaque geste peut décider d’un destin. Dans ce silence maîtrisé, dans cette exigence assumée, se dessine une équipe qui ne cherche pas à séduire par les mots, mais à convaincre par les actes.