
L’icône africaine du football féminin Desiree Ellis qui refuse de s’arrêter
Son nom résonne comme une évidence lorsqu’on évoque le football féminin en Afrique. Desiree Ellis, ancienne capitaine de l’Afrique du Sud et sélectionneuse à succès, s’est forgé un palmarès impressionnant. Quatre fois sacrée Entraîneure de l’Année aux CAF Awards, elle a mené Banyana Banyana à son premier sacre en Coupe d’Afrique des Nations féminine et a qualifié son pays pour deux Coupes du Monde. Et comme si cela ne suffisait pas, elle peut désormais ajouter une nouvelle distinction à son CV : le titre honorifique de « Dr Desiree Ellis », décerné par une université sud-africaine.
« Je me sens bénie et reconnaissante », confie-t-elle. Mais derrière cette reconnaissance se cache un engagement sans relâche pour faire avancer le football féminin sur le continent.
Elle a été résiliente tout au long de son parcours
Des obstacles, Desiree Ellis en a connu. Avant de briller sur les bancs de touche, elle a dû se battre pour se faire une place dans un univers où le football féminin n’avait pas encore la reconnaissance qu’il mérite aujourd’hui. « La persévérance, la résilience et un amour indéfectible pour ce sport m’ont portée jusqu’ici », explique-t-elle.
Son engagement ne date pas d’hier. D’ancienne capitaine de l’Afrique du Sud à sélectionneuse, elle a toujours eu la même mission : faire grandir le football féminin et lui donner la place qu’il mérite. « Ce n’est pas encore là où nous voulons être, mais c’est un pas dans la bonne direction », analyse-t-elle, en évoquant l’évolution du football en Afrique du Sud.
Un football africain en plein essor, mais toujours en quête de reconnaissance
La Coupe du Monde féminine 2023 a marqué un tournant pour les sélections africaines. Avec trois équipes qualifiées en huitièmes de finale, le continent a montré qu’il pouvait rivaliser. Mais Ellis alerte : l’écart avec l’Europe se creuse. « Juste au moment où l’on pense rattraper notre retard, on tombe à nouveau », regrette-t-elle, pointant du doigt l’absence de structures solides comparables à celles de la Ligue des Nations européenne.
Malgré tout, la CAF met en place des solutions : des tournois jeunes, une Ligue des champions féminine plus structurée, des compétitions régionales comme la COSAFA et la CECAFA. « Ce sont des étapes importantes, mais il faut aller encore plus loin », insiste-t-elle.
Le futur encore à écrire
Ellis n’a pas l’intention de ralentir. Pour elle, le développement du football féminin passe par un investissement accru, plus d’opportunités professionnelles et des ligues de jeunes capables d’assurer une relève compétitive. « Nos talents existent, mais sans les structures adéquates, il sera difficile de rivaliser au plus haut niveau. »