Les hommes forts qui portent les espoirs d’un sacre à Nairobi

Ce samedi à Nairobi, la finale du CHAN ne se contentera pas de désigner un vainqueur. Elle pourrait bien consacrer des légendes. Le Maroc, double tenant du titre, croise le fer avec Madagascar, révélation flamboyante dont le parcours a enflammé les cœurs du continent. Derrière les plans tactiques de Tarik Sektioui et Romuald Rakotondrabe, cinq hommes s’apprêtent à écrire l’histoire.

Oussama Lamlioui, l’arme fatale des Lions

À 26 ans, Lamlioui est devenu l’attaquant le plus redouté du tournoi. Auteur de quatre buts, dont une prestation magistrale contre la RD Congo, il incarne la pointe acérée du dispositif marocain. Implacable dans la surface, il transforme chaque demi-occasion en une menace réelle. Courses tranchantes, têtes surgies de l’ombre, sang-froid glacial, Lamlioui est le cauchemar des défenses. Sektioui le décrit comme « un leader silencieux qui parle avec ses pieds ». Pour Toldo et la défense malgache, le museler sera un défi de taille.

Youssef Belammari, le métronome discret

Si Lamlioui est le finisseur, Belammari est l’initiateur. À 27 ans, le milieu marocain orchestre le tempo, équilibre les phases et distille les passes verticales avec une précision chirurgicale. Deux passes décisives à son actif, mais surtout une influence invisible qui structure le jeu. Face à Madagascar, son duel avec Randriamanampisoa sera capital. Si Belammari trouve les intervalles, Lamlioui trouvera le chemin des filets.

Nicolas Randriamanampisoa, le cœur battant des Barea

Au centre du conte malgache, Rijaniaina Nicolas Randriamanampisoa incarne l’abnégation. Surnommé « le moteur des Barea », ce milieu défensif de 28 ans est partout : récupération, relance et couverture. Contre le Soudan, il a brillé avec 88 % de passes réussies et dix ballons récupérés. Mais au-delà des chiffres, il est le garant de la sérénité et de la résilience. « C’est historique pour Madagascar », confiait-il après la qualification. Face au Maroc, sa discipline sera cruciale.

Toky Rakotondraibe, le joker du destin

À 23 ans, Toky est l’incarnation du héros inattendu. Entré en jeu en demi-finale, il a inscrit à la 116 ème minute le but qui a propulsé Madagascar en finale pour la première fois. Il ne débutera peut-être pas en finale, mais si le match s’étire, ses jambes fraîches et son flair pourraient à nouveau faire basculer le destin.

Toldo, le dernier rempart

Dans chaque épopée, il faut un gardien. Pour Madagascar, c’est Michel Ramandimbisoa Toldo. À 29 ans, il est le mur d’Antananarivo qui incarne sérénité et solidité. Face au Soudan, ses quatre arrêts ont maintenu le rêve en vie. Imperturbable en un-contre-un, intrépide dans les airs, il incarne la résistance malgache. Si la finale se joue aux tirs au but, tous les regards se tourneront vers lui.

Une finale, deux visions

Ce CHAN 2024 oppose plus que deux équipes. Il confronte l’expérience marocaine à la foi malgache. Le match se résume à des duels comme Lamlioui contre Toldo ou Belammari contre Nicolas. Quand l’arbitre donnera le coup d’envoi au Moi International Sports Centre, chaque geste comptera. Pour certains, ce sera le début d’une légende. Pour d’autres, l’aboutissement d’un rêve.

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