Ziyech, un premier but au goût de délivrance
Le Stade Mohammed V vibrait encore des chants des fidèles supporters quand Hakim Ziyech a choisi son moment. Dimanche nuit, à une heure où Casablanca vivait au rythme du Ramadan, le Wydad a arraché une victoire in extremis face à la RS Berkane. D’ailleurs, c’est la recrue star, longtemps muette, qui a inscrit son premier but sous les couleurs rouges, au bout du temps additionnel.
Un scénario digne des veillées ramadanesques
Il était 22h locales quand le duel a débuté. Dans une atmosphère particulière, où les familles profitaient déjà de la rupture du jeûne, le choc de la 14ème journée de Botola semblait se diriger vers un nul frustrant. Le Wydad, en course pour une reconquête du titre, butait sur une défense des visiteurs très compacte. Berkane, solide et disciplinée, croyait tenir son point. Mais Walid Nassi, entré en jeu en fin de rencontre, a provoqué le tournant. Ceinturé par Abdelhak Assal dans la surface, il a offert au WAC un penalty au bout de la 98 ème minute. Le stade s’est figé et tous les regards se sont tournés vers Ziyech.
Le sang-froid d’un leader
L’ancien joueur de Chelsea et de Galatasaray n’a pas tremblé. Face à Anas Zniti, Ziyech a choisi la simplicité avec une frappe sèche, plein axe, à ras de terre. Pas de geste spectaculaire, mais une efficacité glaciale. Le ballon a secoué les filets, le stade a explosé et le Wydad a réitéré la sensation de la victoire. Ce premier but relègue Berkane à huit longueurs et maintient le WAC dans la roue du Raja Casablanca, leader avec un point d’avance mais quatre matchs supplémentaires. Plus qu’un simple penalty, c’est un signal que Ziyech est prêt à endosser le rôle de patron.
Entre fulgurances et excès
Pourtant, la soirée de Ziyech n’a pas été parfaite. Volontaire, parfois trop, il a multiplié les tentatives en fin de match, souvent forcées et non cadrées. Mais il a aussi offert des éclairs de génie. À l’image de ce dribble long de la ligne de touche, qui a envoyé Hamza El Moussaoui, capitaine adverse, au sol. Un geste qui a réveillé le stade et rappelé pourquoi on l’a ramené du côté de Casablanca. Ce but, au-delà du résultat, incarne la renaissance d’un joueur qui retrouve ses jambes et son influence et celle d’un club qui veut reconquérir son trône. Dimanche soir, Ziyech n’a pas seulement marqué un penalty. Il a rappelé qu’il pouvait changer le destin d’un match, d’un championnat, d’une saison.