Regragui et ses Lions qualifiés mais meurtris par l’absence de leur maestro

Le Maroc a validé son billet pour les quarts de finale de la CAN 2025 en battant la Tanzanie ce dimanche à Rabat. Les Lions de l’Atlas poursuivent leur aventure dans la compétition, organisée à domicile, avec l’ambition de soulever le trophée devant leur public. Mais dans les coulisses, l’ambiance n’était pas à l’euphorie. La blessure d’Azzedine Ounahi, annoncée juste avant le match, a bouleversé le groupe et jeté une ombre sur la qualification.

Regragui, entre soulagement et douleur

En conférence de presse, Walid Regragui n’a pas seulement livré une information médicale, il a ouvert une fenêtre sur l’état d’esprit de son groupe. Son visage fermé et sa voix parfois tremblante traduisaient une émotion rare chez un sélectionneur habitué à protéger son vestiaire derrière un discours pragmatique. Cette fois, l’homme a laissé transparaître la fragilité d’un collectif touché en plein cœur.

Le technicien a d’abord confirmé la gravité de la blessure : “Il s’est blessé hier à l’entraînement, il a eu une déchirure au mollet qui l’empêchera de jouer pendant la CAN, il en a pour 5 à 6 semaines. C’est une blessure qu’il avait avant, à Girona, et la cicatrice s’est réouverte malheureusement pour nous.”

Ce diagnostic, brutal, a immédiatement replacé la victoire dans une dimension teintée d’amertume. Regragui a ensuite raconté l’impact psychologique de cette annonce sur son groupe : “Ça a été un choc hier pour toute l’équipe, pour Azzedine aussi. C’est pour ça qu’aujourd’hui la victoire est un peu amère. Bien sûr, on est content d’être passé pour nos supporters, mais pour Azzedine, on est vraiment déçu. On a perdu notre leader technique, un de nos leaders aussi dans le vestiaire, qui est important pour le groupe.”

Un Maroc privé de son leader technique

Ounahi n’est pas seulement un cadre sur le terrain. Il est aussi une voix forte dans le vestiaire, un joueur capable de faire la différence par son intelligence de jeu et son audace technique. Sa blessure prive le Maroc d’un atout majeur, mais surtout d’un repère hors de la pelouse. Pour ses coéquipiers, la qualification n’est qu’un premier hommage. Hommage d’ailleurs bien rendu à travers le maillot du milieu brandi lors de la célébration avec le numéro 8 bien visible. Désormais, ils veulent continuer à avancer dans cette CAN pour honorer celui qui rêvait de briller à domicile.

Avec Ounahi forfait et Sofyan Amrabat diminué, Regragui a dû recomposer son milieu. Neil El Aynaoui en sentinelle, Bilal El Khannouss et Ismaël Saibari en soutien ont été alignés contre la Tanzanie. Ce trio, encore en rodage, devra désormais porter les espoirs d’un pays qui rêve de soulever le trophée chez lui. Mais la CAN, souvent imprévisible, impose déjà aux Lions de l’Atlas, un récit marqué par la promesse faite à Ounahi qu’est d’aller le plus loin possible pour lui, pour ses larmes, pour son rêve brisé.

 

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