Mohamed Sissoko, la “Pieuvre malienne” ayant conquis l’Europe
Il y a vingt ans, un gamin de Mont-Saint-Aignan faisait trembler Anfield avec ses tacles assassins et son surnom de « Black Ninja ». Né le 22 janvier 1985 à Mont-Saint-Aignan (France), Mohamed Lamine Sissoko, dit « Momo », a grandi avec un ballon au pied.
34 sélections, 2 buts, 4ᵉ place à la Coupe d’Afrique des Nations 2004, médaille de bronze à la CAN 2013, il porte fièrement les Aigles. À 40 ans, l’ex-guerrier malien est devenu le bâtisseur silencieux des rêves africains avec son agence LSM. Portrait d’un ambassadeur qui n’a jamais oublié d’où il vient.
Liverpool : la consécration et la FA Cup 2006
Formé à Troyes puis à l’AJ Auxerre, il explose à Valence dès 2003. Libre de tout contrat, il débarque remporte dès sa première saison la Liga 2003-2004 et la Coupe UEFA. À tout juste 18 ans, il pose déjà les bases de sa réputation : un prédateur du milieu, tacles propres, récupération express.
En juillet 2005, Benítez le fait signer à Liverpool. Sissoko devient instantanément le poumon du milieu rouge. Titulaire indiscutable, il soulève la FA Cup 2006 et la Supercoupe UEFA. Surnommé « Black Ninja » par les fans, il incarne la puissance malienne au cœur du football anglais.
Janvier 2008, direction la Juventus qui le veut absolument. Dès son premier match, il frappe fort. Les tifosi l’adoubent « La Piovra » (Pieuvre en français) pour ses longs bras et son activité tentaculaire.
PSG : le passage noir et la dépression
Juillet 2011, retour en France au PSG. Capitaine face à Marseille, carton rouge, blessures à répétition… Le cauchemar commence. « J’étais dans le noir, je ne savais pas à qui parler. Petit à petit, tu rentres dans un rideau noir. Tu ne prends plus de plaisir à vivre ta passion», confiera-t-il plus tard sur France Bleu. Dépression, manque de temps de jeu, prêt raté à la Fiorentina : il quitte Paris en 2013 par accord mutuel, complètement dégoûté.
Ensuite, Mohamed Sissoko entame un tour du monde pour se reconstruire : Levante (2014-2015), Shanghai Shenhua (2015), Pune City (2016), Ternana, Mitra Kukar (2017), Atlético San Luis, Kitchee (2018), Sochaux (2019). Et en janvier 2020, il prend sa retraite officielle à 35 ans.
Le choix du cœur : le Mali avant tout
Passé par toutes les sélections de jeunes françaises, Sissoko découvre le Mali à 18 ans. « J’ai vu les enfants dans la rue, la misère, la chaleur humaine. Ma famille vit avec rien. J’ai voulu être un ambassadeur», explique-t-il au JDD.
En 2022 à Lille, Mohamed Sissoko fonde Leading Sport Management (LSM). Objectif : détecter et accompagner les talents africains de 19-23 ans vers les cinq grands championnats. Transferts, premiers contrats pros, construction de carrière : LSM devient la référence pour les pépites du continent.
De la Piovra de Turin au mentor des futures stars africaines, Momo reste un symbole de puissance, résilience et fierté malienne. Une légende qui n’a pas fini de marquer le foot africain.
