Pourquoi les attaquants peinent aux Kaizer Chiefs : l’analyse franche de Tshepo Bulu

Ancien avant-centre des Kaizer Chiefs, Tshepo Bulu revient sur la pression qui entoure le poste d’attaquant au club, les attentes démesurées et les obstacles qu’il a lui-même rencontrés à Naturena.

Depuis plusieurs saisons, les Kaizer Chiefs peinent à trouver un attaquant capable de s’imposer durablement et d’atteindre la barre des dix buts par saison. Ce manque de régularité inquiète les supporters et alimente les débats. Pour Tshepo Bulu, ancien joueur du club, le problème est structurel : pression permanente, manque de temps pour s’adapter, évolution du jeu… Dans un entretien accordé à KickOff, il revient sur les raisons de ces échecs, tout en évoquant sa propre expérience à Naturena.

Pas de place pour l’adaptation

Pour Tshepo Bulu, la pression permanente qui règne à Naturena rend la vie difficile à tout attaquant. « Il n’y a pas de matchs amicaux aux Chiefs. Chaque rencontre est observée à la loupe », confie-t-il. Selon lui, les fans attendent un impact immédiat, ce qui laisse très peu de marge à ceux qui ont besoin de temps pour s’adapter. « Être attaquant aux Chiefs, ce n’est pas simple. Il faut un mental solide pour résister à la pression », insiste-t-il.

Un rôle devenu plus exigeant

Bulu met aussi en lumière un changement dans le football moderne : « Aujourd’hui, les milieux et les défenseurs n’hésitent plus à tenter leur chance au but, ce qui réduit parfois les opportunités pour les vrais neuf. » Le jeu évolue, mais les attentes restent centrées sur l’attaquant, censé empiler les buts malgré tout.

Souvenirs d’un passage frustrant

Revenant sur son propre parcours, Bulu évoque une arrivée pleine d’espoir en 2006, sur recommandation de Cyril Nzama. « Kosta Papic voulait me signer, mais le club attendait un nouvel entraîneur. » Il reste à l’essai un mois sans être officiellement intégré. Lorsque Muhsin Ertugral arrive, il le repositionne comme ailier ou meneur de jeu, loin de son poste naturel.

Blessures, concurrence et regrets

La suite ne lui sera pas favorable. Victime d’une grave blessure au tendon d’Achille avant même le début du championnat, il manquera toute la saison, ne jouant qu’un seul match. « Je devais rivaliser avec Kaizer Junior, Shaun Bartlett, Torrealba, Djiehoua… C’était difficile. » Aujourd’hui, Bulu garde le sentiment d’un potentiel freiné, mais comprend mieux, avec le recul, ce que signifie évoluer dans un club aussi exigeant.

Laissez un commentaire